KADER ATTIA // Les racines se créent aussi dans le béton

Kader Attia est un artiste français d’origine algérienne dont le travail tourne aussi bien autour de la sculpture, d’installations in situ, de collages de papier et photos, de montage vidéo ou encore de la photographie.

Très attaché à ses racines et à l’histoire de son pays, cet artiste ne cesse de d’éplucher son héritage colonial, et tous les processus historiques liés au désir de se réparer et de se remettre de cette période mouvementée. Engagé politiquement, ses oeuvres peuvent faire polémique dans un pays encore imprégné par ce passé. Cette répercussion politique questionne sur la relation entre l’individu et la société. Diverses histoires personnelles au milieu d’une mémoire collective. L’exposition qui se tient actuellement au centre culturel Culturgest, à Lisbonne, propose une vision très personnelle de Kader Attia sur cette période et sur les enjeux du colonialisme et des flux migratoires. Comment reconstruire une culture quand celle-ci a été mixée à une autre ? Comment construire sa propre identité et sa structure psychologique ?

Pour la première oeuvre intitulée On n’emprisonne pas les idées, les barrières, destinées de prime abord aux chantiers en construction, viennent du boulevard de La Chapelle, à Paris, où les migrants actuels tentent de retrouver refuge et sont petits à petits repoussés par le gouvernement actuel. Installation forte, l’objectif de l’artiste est de démontrer que la révolution est possible dans cette démocratie mais belle et bien limitée par les barrières d’une société toujours extrêmement contrôlée, Kader Attia y dénonce les conséquences sociales et politiques.

L’artiste résidant actuellement à Berlin, a décidé d’également lier certaines de ses oeuvres au passé historique de l’Allemagne et à ce qu’il a pu également laissé comme cicatrice à ses citoyens. Un passé encore difficile à assumer pour certains et qui se reflètent encore dans l’architecture berlinoise. Les structures de béton en deviennent symboliques.

Toujours dans le soucis d’établir une connection entre l’architecture moderne et l’architecture nord africaine, les collages photographiques représentent un mix et pointent du doigt l’influence de l’architecture du Maghreb. Notamment sur le travail de Le Corbusier.

Habitué à travailler avec les antennes paraboliques, Kader Attia a réussi avec brio à reconstituer un toit moderne d’Alger et  à donner cette sensation au visiteur de voyager et d’être immergé dans une autre culture. L’antenne parabolique est le signe de la modernité et les toits en tuiles métalliques de constructions encore précaires. Entre tradition et modernité, l’artiste a eu la très bonne idée d’utiliser une bétonneuse pour faire ressortir la senteur orientale des clous de girofle pour son oeuvre Parfum d’exil.  Une installation atypique qui aura continué d’éveiller nos cinq sens lors de notre visite.

À vous désormais, de vous plonger dans l’univers de Kader Attia. En attendant on vous laisse deviner de quoi est constituée l’oeuvre suivante :

Infos pratiques :

Les Racines se créent aussi dans le béton

Kader Attia

du 20 octobre 2018 au 6 janvier 2019

Musée Culturgest

 R. Arco do Cego 77, 1000-300 Lisboa

Exposition gratuite