La collection Berardo // 1900-1960

Coup de coeur de notre dernière escapade dans l’une des villes européennes la plus dynamique du moment, notre visite au Musée Berardo, musée d’art moderne et contemporain situé à quelques kilomètres de Lisbonne, à Bélém. Il s’agit ici d’un stop incontournable puisque plus de 800 oeuvres issues de la collection Berardo y sont exposées de façon permanente et retrace un parcours complet dans ce qui constitue l’art du XXème siècle.

Présentée de manière chronologique et évoquant tous les mouvements artistiques, nous avons choisi dans un premier temps de vous présenter un voyage à travers l’art moderne entre 1900 et 1960.

De l’invention du cubisme, avec Pablo Picasso et Marcel Duchamp, aux différents mouvements consacrés à l’appréhension de l’espace et à sa compréhension tels que le dadaisme, le constructivisme ou encore le surréalisme. Tout cet éclatement de points de vue et de créations a permis à lui seul de changer la nature, et la fonction de l’oeuvre d’art en elle-même.

Florence Henri, Sans titre, 1926-1929

Victor Servranckx, Composition, 1923

Ne prenant pas part à la Première Guerre mondiale, les Pays-Bas sont devenus le terrain parfait pour le développement artistique durant cette période. Une nouvelle expression esthétique émerge, elle est connue comme le néoplasticisme ou De Stijl, le nom de la revue éditée par Piet Mondrian en octobre 1917. Les formes géométriques sont planes, les lignes sont structurées et complétées par les couleurs primaires. Les lignes représentent la nature,  à savoir les paysages et l’homme. L’épuration est maximale et l’équilibre se veut parfait.

Lajos Kassak, Sans titre, 1922

Suivra la période de l’entre-deux-guerres, période de grands bouleversements et de contraintes politiques importantes qui feront apparaître l’Abstractionnisme. Grâce à la contribution d’Auguste Herbin et de Georges Vantongerloo à travers des expositions et un magazine annuel, Abstraction-Création: Art Non-Figuratif, ce mouvement s’est fait connaître à l’échelle mondiale notamment à Londres ou à New-York. Peu de temps après, en 1925, le surréalisme laissera une belle place aux rêves, à l’étude l’inconscient dans l’art et de la liberté absolue de l’esprit. Salvado Dali et Yves Tanguy en deviendront les deux plus grands précurseurs entourés d’André Bertin, Man Ray ou encore Pablo Picasso qui finira par rejoindre ce mouvement. Un monde poétique vient compléter cette réflexion. L’Informalisme avec Dubuffet puis le mouvement CoBrA (Copenhague, Bruxelles, Amsterdam) viendront décimer Paris comme unique point  névralgique en imposant, entre 1948 et 1951, ces trois nouvelles capitales européennes. Vers la fin de la guerre, New-York devient l’un des plus importants centres artistiques mondial qui voit naître l’Expressionisme Abstrait avec des artistes tels que Willem de Kooning et Lee Krasner. Une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, la Figuration arrive enfin à s’imposer et se traduit par une variété de catégories stylistiques qui au final se transformera en Nouvelle Figuration.

Lee Krasner, Visitation, 1957

Dès 1956, la Nouvelle École de Paris se forme.  Les bases esthétiques mutent, inspirées du cubisme, du surréalisme mais aussi de l’expressionnisme allemand, elles donneront naissance notamment au tachisme où la tache et les coups de pinceau instinctifs primaient.  Cette époque révèlera également le travail de Richard Mortensen et de son abstractionnisme géométrique. L’art démontre, à ce moment, fortement, qu’il est capable d’évoluer face aux changements idéologiques.

En parallèle,  l’Art Cinétique et Op Art avec leurs têtes des artistes tels que Vasarely ou encore Pol Bury. Le mouvement est virtuel à travers les illusions d’optique.

Victor Vasarely, Bellatrix II, 1957

Pol Bury, Mélangeur, 1961

De nombreux mouvements artistiques émergeront dans les années 60 dont le Groupe Zéro en Allemagne, la Figuration Existentialiste qui revient sur l’Holocauste et sur la cruauté de la nature humaine portée par l’individualisme et menant à la solitude, l’impuissance et l’abandon. Francis Bacon, à travers ses portraits, mettra en avant la violence de la Seconde Guerre mondiale.

Lourdes Castro ou encore René Bertholo sont des artistes qui ont été inspirés par le Nouveau Réalisme qui a vu le jour au début des années 70. La société de consommation y est dénoncée.

Lourdes Castro, Sombra projectada de Claudine Bury, 1964

Cette première partie d’exposition se clôt par l’émergence du Pop Art Américain dans les années 60 et 70 et l’insolence des oeuvres dénonciatrices d’Andy Warhol sur le capitalisme et la surenchère dans le processus de consommation. Ses portraits d’ personnalités médiatiques s’inscrivent également dans cette démarche.

Andy Warhol, Judy Garland, 1979

Bientôt la suite sur notre webzine…

Informations pratiques :
Musée Berardo
Praça do Império, 1449-003 Lisboa, Portugal
Ouvert tous les jours de 10h à 19h.