BLOW-UP l’exposition // Cinéma + Photographie

De retour d’Allemagne, The Other Sight ouvre cette parenthèse berlinoise par l’excellente exposition dédiée au film culte Blow-Up de Michelangelo Antonioni. Ce film italien, américain et anglais , Palme d’Or à Cannes en 1967, est également l’oeuvre du grand photographe Arthur Evans, de Carlo di Palma et de David Montgomery. Ce film a été directement inspiré des travaux de photographes comme Don Mc Cullin ou encore Shezad Dawood.

David Montgomery, Michelangelo Antonioni & Carlo di Palma / Blow-Up / 1966

Nous connaissions Blow-Up  pour sa perfection dans la direction artistique mais également pour sa capacité à faire entrer la photographie au coeur de son intrigue mais avions-nous pris la peine d’en étudier tous ses aspects ?

Le pitch : Blow-Up met en scène un photographe londonien connu du milieu de la mode des années 60. En pleine rédaction d’un reportage photo tourné vers les différents enjeux sociaux de cette période en Angleterre, ce jeune photographe Thomas, joué par l’acteur David Hemmings, va se retrouver alors témoin d’un crime. Il le découvrira petit à petit en développant sa pellicule.

David Hemmings / Blow-Up / 1966 par Arthur Evans

L’exposition Blow-Up tourne autour de 4 thématiques principales : le voyeurisme, la photographie de mode, le reportage dit social mais également le « Swinging London » des années 60.

Le voyeurisme tout d’abord, puisque c’est en cachette que Thomas (David Hemmings) va prendre ses clichés dans le parc en surprenant un couple d’amoureux transis. Tous les élargissements et les angles de cette scène sont décortiqués au long de cet extrait de l’exposition. Jusqu’au point même que la photographie se transforme en art abstrait.

Vanessa Redgrave & Ronan O’Casey / Blow-Up / 1966 par Arthur Evans.

David Hemmings / Blow-Up / 1966 par Arthur Evans.

Thème plus léger abordé par la suite : l’univers de la photographie de mode. Les scènes de shooting photo de modèles anglais habillées de la culture pop art de l’époque mises en avant. En effet, les photos passent au crible les expressions sur leurs visages, le stylisme de l’ensemble du film mais également l’attitude non chalente mais exigeante de Thomas. On y aperçoit une jeune Jane Birkin, plutôt naïve, prête à tout pour devenir mannequin. Les tenues sont extravagantes, sexy et colorées. La scénographie, quant à elle, y est léchée. Le film Blow-Up fait référence à travers ces scènes à l’influence historique des trois photographes membres fondateurs du groupe Black Trinity : David Bailey, Terence Donovan et Brian Duffy.

Jill Kennington, Peggy Moffitt, Rosaleen Murray, Ann Norman, Melanie Hampshire & David Hemmings / Blow-Up / 1966 par Arthur Evans.

Jane Birkin & David Hemmings / Blow-Up / 1966 par Arthur Evans

Rentrons dans le Swinging London des années 60 et tous les traits qui le caractérisent : l’envie de liberté, le rock’n roll, les excès et ses icônes. La troupe de mîmes qui revient dans plusieurs scènes du film est là pour caractériser la soif de liberté de la jeunesse londonienne et tout ce qu’elle a de plus excentrique. Scène mythique du film également, celle du concert d’un groupe de rock et l’hystérie qu’il engendre auprès de ses groupies.

Rag-Day-Studenten / Blow-Up / 1966 par Arthur Evans

Si Thomas, le personnage principal de ce film, peut sembler indifférent à ce qui l’entoure, ce premier jugement est vite effacé lorsque l’on comprend l’objet de la première scène du film. Afin de prendre quelques clichés, le personnage s’est immergé dans le quotidien d’un centre d’aide social à Londres. En feuilletant avec lui et son éditeur les clichés qui seront présents dans son oeuvre, on s’aperçoit rapidement que la montée du chômage, les conditions rudes de travail en usine et le quotidien des londoniens de classe sociale peu élevée sont des problématiques soulevées par la photographie en noir & blanc, par ce livre en création.

David Hemmings / Blow-Up / 1966 par Arthur Evans

L’exposition Blow-Up se tient jusqu’au 19 février prochain au musée de la photographie C/O Berlin.  Si vous n’êtes pas à Berlin ou n’avez pas l’occasion de vous y rendre il est tout de fois conseillé de voir cette magnifique oeuvre cinématographique ET photographique. L’exposition Blow-Up avait été mise en place à l’occasion du festival Berlinale 2015.

Petit plus : ce musée est ouvert jusqu’à 20h.

On the web : http://www.co-berlin.org/

T/O/S.